Méfiez-vous des blancs

I’ve featured the music of Ravel a lot on this blog (starting here), but the Black Lives Matter movement reminds me to get to know his Chansons madécasses (1925–26).

These three songs to lyrics by Évariste de Parny (1753–1814), with flute, cello, and piano, [1] came soon after the premiere of the enchanted L’enfant et les sortilèges—and just as the Rif war in Morocco was coming to a head.

I’ve broached the themes of exoticism and colonialism in posts on Berlioz and Mahler. For Ravel, Shéhérazade, as well as his taste for jazz, are also relevant.

But the style of the Chansons madécasses is far from Ravel’s customary sensuality. Even the outer movements—the first an ode to a casual sexual encounter, the third a languid dream of the master with his maids—are uncompromising, unsettling.

Aoua

Most disturbing is the second song Méfiez-vous des blancs, with the false promises of the white invaders, their priests who “wanted to give us a God whom we didn’t know”, and carnage. Though the invaders are expelled, after the initial Aoua! screams of alarm, the final cries are subdued.

For the first recording in 1932 the singer was Madeleine Gray, with Ravel apparently supervising rather than playing piano:

Nahandove
Nahandove, ô belle Nahandove! L’’oiseau nocturne a commencé ses cris, la pleine lune brille sur ma tête, et la rosée naissante humecte mes cheveux. Voici l’’heure; qui peut t’’arrête, Nahandove, ô belle Nahandove!

Le lit de feuilles est préparée de fleurs et d’’herbes odoriférent; il est digne de tes charmes, Nahandove, ô belle Nahandove!

Elle vient. J’’ai reconnu la respiration précipité que donne une marche rapide; j’’entends le froissement de la pagne qui l’’enveloppe; c’’est elle, c’’est Nahandove, la belle Nahandove!

Ô reprends haleine, ma jeune amie; repose-toi sur mes genoux. Que ton regard est enchanteur! Que le mouvement de ton sein est vif et délicieux sous la main qui le presse! Tu souris, Nahandove, ô belle Nahandove!

Tes baisers pénètrent jusqu’’à l’’âme; tes caresses brûlent tous mes sens: arrête, ou je vais mourir. Meurt-on de volupté, Nahandove, ô belle Nahandove!

Le plaisir passe comme un éclair. Ta douce haleine s’’affaiblit, tes yeux humides se referment, ta tête se penche mollement, et tes transports s’éignent dans la languer. Jamais tu ne fût si belle, Nahandove, ô belle Nahandove!

Tu pars, et je vais languir dans les regrets et les désirs. Je languirai jusqu’’au soir. Tu reviendras ce soir, Nahandove, ô belle Nahandove!

Méfiez-vous des blancs
Aoua! Aoua! Méfiez-vous des blancs, habitants du rivage. Du temps de nos pères, des blancs descendirent dans cette île. On leur dit: Voilà des terres, que vos femmes les cultivent; soyez justes, soyez bons, et devenez nos frères.

Les blancs promirent, et cependant ils faisoient des retranchemens. Un fort menaçant s’’éleva; le tonnerre fut renfermé dans des bouches d’’airain; leur prêtres voulurent nous donner un Dieu que nous ne connaissons pas; ils parlèrent enfin d’’obéissance et d’’esclavage. Plutôt la mort! Le carnage fut long et terrible; mais malgré la foudre qu’’ils vomissoient et qui ecraisoit des armées entières, ils furent tous exterminés. Aoua! Aoua! Méfiez-vous des blancs, habitants du rivage.

Nous avons vu de nouveaux tyrans, plus forts et plus nombreux, planter leur pavillon sur le rivage. Le ciel a combattu pour nous. Il a fait tomber sur eux les pluis, les tempêtes et les vents empoisonnés. Ils ne sont plus, et nous vivons, et nous vivons libre. Aoua! Aoua! Méfiez-vous des blancs, habitants du rivage.

Il est doux de se coucher
Il est doux de se coucher, durant la chaleur, sous un arbre touffu, et d’’attendre que le vent du soir amène la fraîcheur.

Femmes, approchez. Tandis que je me repose ici sous un arbre touffu, occupez mon oreille par vos accens prolongés. Répétez la chanson de la jeune fille, lorsque ses doigts tressent la natte, or lorsqu’’assise auprès du riz, elle chasse les oiseux avides.

Le chant plaît à mon âme. La danse est pour moi presque aussi douce qu’’un baiser. Que vos pas soient lent; qu’’ils imitent les attitudes du plaisir et l’’abandon de la volupté.

Le vent du soir se lève; la lune commence à briller au travers des arbres de la montagne. Allez, et préparez le repas.

Among more recent renditions, here’s Magdelena Kožená (cf. her incomparable Ich bin der Welt abhanden bekommen):

[1] See e.g. Richard S. James, “Ravel’s ‘Chansons madécasses’: ethnic fantasy or ethnic borrowing?”, Musical quarterly 74.3 (1990), and Roger Nichols, Ravel (2011), pp.271–80.

One thought on “Méfiez-vous des blancs

  1. Pingback: Messiaen’s transcendent éclairs | Stephen Jones: a blog

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